Entretenir ses vêtements fait-main

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La semaine dernière, j’ai du donner ou jeter trois de mes vêtements fait-main. Au vu de ma productivité couture, il s’agit d’une partie non-négligeable de ma garde-robe… La raison ? Une détérioration du tissu utilisé (déchirure ou rétrécissement) due à un entretien inapproprié.

Cette mésaventure m’a fait réfléchir sur l’entretien que je réserve à mes créations homemade. On parle beaucoup de la qualité des tissus, et ils jouent effectivement un rôle très important dans le rendu du vêtement final, mais la manière dont nous prenons soin de nos coutures est essentielle pour conserver un vêtement impeccable à long terme !

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Le prélavage

Tout d’abord un petit rappel sur le prélavage : il s’agit d’une étape indispensable pour retirer l’apprêt de son tissu neuf et lui permettre de rétrécir / dégorger avant de réaliser son vêtement (et éviter de se retrouver par la suite avec des coutures qui gondolent et une robe trop courte de 10cm !).

Le prélavage doit s’effectuer au minimum dans les mêmes conditions que le lavage du vêtement final. Personnellement, je prélave tous mes tissus à 40° + sèche-linge y compris la viscose et la soie (dans un filet pour textiles délicats), et à l’exception de la laine (nettoyage à sec ou lavage main) et du néoprène qui ne passe pas au sèche-linge. Attention, certains tissus comme la viscose et certains denim continuent de rétrécir pendant deux ou trois lavages ! Je sépare également toujours mes textiles par couleurs car de nombreux tissus neufs dégorgent au premier lavage.

L’entretien

Pendant longtemps, j’ai pensé que si mes tissus résistaient à un prélavage assez violent il en serait de même pour le vêtement terminé, mais un entretien trop agressif peut non seulement abimer le tissu au fil du temps mais également endommager les coutures et finitions du vêtement.

Voici un récapitulatif des règles d’entretien de base par type de textile. Pour les textiles mélangés (coton-soie par exemple), la règle à suivre est celle de la matière la plus délicate (ici, la soie).

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Quelques particularités supplémentaires :

  • Pas d’essorage manuel pour la soie et la laine, qui doivent être séchés dans une serviette puis étendus à plat pour conserver leur forme
  • La viscose a tendance à se contracter au lavage même après avoir été prélavée, mais reprends généralement sa taille au repassage
  • Les coutures anglaises réalisées dans des tissus fins type soie, viscose ou voile de coton sont très sensibles aux lavages, il est préférable de les laver dans un filet pour linge délicat
Faites également attention aux fils utilisés pour la réalisation de vos vêtements. Si les fils polyester de bonne qualité résistent à quasiment tous les modes d’entretien, certains fils dégorgent ou rétrécissent au lavage (notamment les fils en coton ou en viscose).

La vraie vie

Toute cette théorie sur l’entretien des textiles nous fait une belle jambe, mais dans la vraie vie comment cela se passe-t-il ? Lorsqu’on a beaucoup de vêtements fait-main, il est parfois difficile de se souvenir de la matière et de l’entretien destiné à chacun – sans compter que (joie de la société moderne et de l’évolution des mœurs !) nous sommes nombreux à partager la corvée de lessive avec notre partenaire, voire à ne pas l’assumer du tout et ne somme pas toujours présents pour trier le linge.

J’ai donc commencé à imprimer des étiquettes d’entretien que je couds sur mes créations terminées ! Pour cela rien de plus simple : j’imprime mes étiquettes en mode miroir sur du papier transfert, que j’applique sur du gros-grain ou de l’extrafort (ou même parfois directement à l’intérieur du vêtement si le tissu est clair et opaque).

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Et si vous avez envie de faire comme moi, j’ai préparé un petit pack contenant les étiquettes d’entretien pour les compositions les plus répandues, ainsi que toutes les icônes nécessaires pour concevoir vos propres étiquettes ! N’oubliez pas de sélectionner l’impression en miroir avant de les imprimer sur votre papier transfert ;)

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Télécharger le pack

Si vous utilisez ces étiquettes, je serai ravie de voir le résultat ! N’hésitez pas à poster un lien vers vos créations en commentaire de cet article, ou à les publier sur Instagram avec le tag #wearabilityproject pour que je puisse les retrouver ;)

Et si vous avez des astuces pour l’entretien de vos vêtements home-made, n’hésitez pas à les partager ici !

17 Réponses
  • Aglaé
    mai 12, 2016

    Merci beaucoup pour cet article très intéressant et pratique.
    Je suis toujours prudente avec mes vêtements home-made. Je les lave le plus souvent en mode laine ou délicat et je suis prudente avec les couleurs. Mais je n’en ai pas encore beaucoup.

  • Mon Roy'Home
    mai 12, 2016

    J’avoue ne jamais prélaver mes tissus (bouhouuuuu !) et je n’ai eu qu’une déconvenue mais c’était de ma faute : j’ai choisi un cycle normal pour une maille contenant de la laine ! argh !
    Et je ne lave JAMAIS les vêtements (home made ou pas) au dessus de 30 °, comme ça je suis certaines qu’ils ne seront pas abimés.

  • BGM59
    mai 12, 2016

    Merci beaucoup pour cet article. Personnellement, il n’y a (hélas! mais c’est peut-être mieux!) que moi qui fait le lavage/repassage… donc je lave tous les habits à 30° (avant je mettais à 40° mais avec les nouvelles lessives et machines, et sur les conseils de mon vendeur/réparateur, 30° suffit amplement). Je trie clair/foncé et quand j’ai un doute, je mets une lingette anti-décoloration. Bien sûr, j’utilise le programme délicat et laine quand nécessaire et l’essorage adéquat. Et je ne sèche pas au sèche-linge (il est réservé au linge de maison) car je trouve que le rendu est bof. Et en respectant tout cela, je n’ai jamais eu de souci. Béné

    • Géraldine
      mai 12, 2016

      Tout pareil, je lave quasi tout a 30 et je sépare clair/couleur vive/ noir. Pas de sèche linge.

      Les seules déconvenues que j’ai eu pour le moment sont des soucis de tissus qui peluchent, l’un peluche juste en le portant >< (une maille milano), l'autre, une viscose, peluche au lavage et se decolore. Peut-être que jaurai du utiliser un filet ??? Ou alors je suis tombée sur de la mauvaise qualité.

      Merci pour l'article tres intéressant en tout cas.

  • Marick
    mai 12, 2016

    Bonne idée ! Merci

  • Emilie LG
    mai 12, 2016

    Pour éviter les déconvenues j’ai acheté un filet pour linge délicat grand format : je mets dedans toutes mes affaires qui nécessite un soin particulier.
    Si Monsieur est motivé il jette un oeil sur les étiquettes des vêtements en question avant de lancer une machine appropriée…. sinon il se contente de laver ce qui n’est PAS dans le filet :-)

  • La Couture Rose
    mai 12, 2016

    J’ai toujours peur de passer le fer sur le papier transfert par la suite, ouille ça ne ferait pas beau. Mais c’est une bonne idée !

    Je pensais que la viscose ne bougeait pas (mais je lave tout avant quand même) et pensait que les coutures anglaises étaient solides même sur tissus sensibles…

    En plus, avant le 1er passage en machine à laver, je fais tremper le tissu dans une caisse transparente ou blanche avec du vinaigre blanc. Comme ca, je sais avant s’il dégorge ou pas. Une fois un Marine, une vraie cata, meme au fil des rinçages à la main. Corbeille pour les toiles direct ! Meme pas de passage en machine. D’autres ca dégorge juste un peu et ca me rassure avant la machine à laver.

    Merci pour les etiquettes !

    • Sconesandstones
      mai 12, 2016

      Oui moi aussi je pensais que coutures anglaises signifiait plus solide à la machine! Comme quoi on doit être plein à se le dire.

    • Eléonore
      mai 12, 2016

      Pour les coutures anglaises, c’est un peu complexe. Sur les tissus fins, le fait que l’on recoupe le premier surplus assez près de la couture a tendance à favoriser l’effilochage (surtout soumis à un séchage un peu violent) et le « craquage » de la première couture. Une solution pour les renforcer est d’utiliser un point plus serré (mais qui peut faire plisser les coutures) et de couper les surplus le plus loin possible de la couture :)

  • Laissons Lucie Faire
    mai 12, 2016

    Un article très intéressant ! Pour ma part, je fais très attention à l’entretien de mes vêtements home made. Je ne les lave jamais au-delà de 30° et j’utilise peu le séchoir. Je ne lave presque jamais les tissus avant de les coudre mais je les décatis à la vapeur systématiquement, sur l’envers pour éviter de faire « briller » le tissu et avec une patemouille pour les tissus délicats. Ça fonctionne très bien pour faire rétrécir le tissu et ça permet de conserver l’apprêt qui a pour intérêt de faciliter la couture (petit truc appris chez une couturière professionnelle). Mes vêtements n’ont jamais rétréci avec cette méthode. Merci pour les étiquettes !

  • adlesim
    mai 12, 2016

    merci pour cet article et aussi pour les étiquettes, j’y pensais justement récemment et je me demandais où trouver ça!!
    je lave tous mes tissus et créations maison en délicat. je trouve que l’essorage est plus doux et je n’ai pas eu de mauvaise surprise! Est ce trop demander de créer un logo délicat ? celui avec un petit trait sous la température de lavage…

  • Marionne & des Bananes
    mai 12, 2016

    Je lave également (et repasse ensuite) tous mes tissus avant de les couper et de les coudre, étape impérative !

    Pour le lavage en général je ne fais que du « lavage délicat », à 30°C (sauf pour les lainages où là c’est programme laine). Petites astuces pour que les vêtements ressortent au top aussi : on ferme les fermetures éclair (pour ne pas qu’elles s’abîment), on déboutonne les boutons (cousus ou pressions) (afin d’éviter les tensions entre les boutons et les parties sur lesquelles ils sont fixés) et on retourne les vêtements sur l’envers ;)

    Ah et important aussi, la lessive utilisée ; le mieux étant d’utiliser une lessive sans azurant optique (moins de produits chimiques et altère moins la couleur des étoffes) :)

  • Hélène
    mai 12, 2016

    Quelle bonne idée ces étiquettes si on partage la lessive, mais chez moi, c’est ma chasse-gardée! D’autant plus que j’adore faire ça. Mon mari et mon fils ont l’embarras du choix parmi les autres corvées domestiques. Pour mes vêtements faits main, je privilégie le cycle délicat et j’aime aussi les laver à la main (ça permet d’insister sur les endroits stratégiques – col, aisselles, etc.), puis j’utilise le cycle d’essorage délicat pour la finition. Enfin, pour ce qui est du prélavage des tissus, c’est toujours un impératif.

  • Camille
    mai 13, 2016

    Merci pour le pack ! Les étiquettes sont très jolies.
    -> tu as un papier de qualité à nous conseiller ?

    – Ici la lessive est partagée… Mais comme je viens de retrouver certains pulls feutrés ( les enfants portent quasi que de la laine pure non superwash) , nous avons instauré le système de filet ( genre cabas à légumes) dès que les enfants mettent au lavage.

    Pour le reste , quand c’est à moi et délicat j’autotrie et lave; quand ce sont les vêtements des enfants, le lavage, même de cousu main est plus fonction de l’état post jardin…
    Et quand c’est en laine, je lave à la main :).

    Tu n’as pas parlé « lessive » ni vitesse d’essorage … Coming soon ? :)

  • Myriam
    mai 19, 2016

    Merci beaucoup pour cet article et ces étiquettes.

    Je suis tombée par hasard au boulot sur un rapport de l’IFTH (Institut Francais du textile et de l’Habillement) a propose de la résistance des tissus lors du lavage et du séchage.
    J’en ai retenu un grand principe : JAMAIS DE SECHE-LINGE (il use tous les tissus prématurément) et quelques conseils : pas d’adoucissant, pour les vêtements en coton et autres fibres « solides » 30°C maximum, les textiles délicats à 20°C. Ajuster l’essorage (plus c’est fragile, plus l’essorage doit être lent). Réduire la quantité de lessive utilisée.
    Se méfier du lavage à la main qui n’est pas si doux que cela.
    Investir dans une bonne machine a laver avec un tambour qui n’accroche pas les fibres.

    Depuis que j’applique ces conseils, je n’ai jamais eu de déconvenue.

  • Lafée
    juin 28, 2016

    Il y a des lessives à prohiber avec certain textile !

    J’ai, parce que je suis aussi tricoteuse, un shampoing sans rinçage parfait pour les textiles d’origine animal type laine, soie. Il vaut mieux utiliser des lessives sans agent blanchissant en plus de réduire les températures pour ce qui est de la couleur et du coton. Après avoir cousu un ouvrage 100% coton dont le tissu à été lavé (je suis une fervente du décatissage), j’aime bien lui faire prendre un bain de vinaigre ou d’eau salée dont les propriétés sont de fixer la couleur.

    Je n’utilise pas de sèche linge, pas de balles de lavage, jamais de javel.

    J’utilise des filets à linge, des essorages modérés, même pour les très grosses pièces tricotées mains (un 300T vaut mieux qu’un ouvrage qui goutte, prend des odeurs et se déforme).
    Je fais sécher mes chemises sur des cintres qui ne laissent pas de marque pour les défroisser et ne pas avoir à insister trop sur le repassage.

  • Je tombe par hasard sur ton blog et sur cet article ! Merci pour beaucoup pour ces informations hyper importantes lorsque l’on se lance dans la création de vêtements homemade !

    Elles sont très chouettes tes étiquettes, je pense faire comme toi, on passe tellement de temps à confectionner un vêtement.. C’est trop dommage de l’abîmer à cause d’un lavage inapproprié.

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